Le métier de coordinateur de CPTS s’est structuré très vite. La première CPTS a été créée en 2017, l’avenant 2 à l’ACI date de 2022, et entre-temps la France compte aujourd’hui environ 800 CPTS, à des stades de maturité très inégaux. La plupart embauchent désormais une personne dédiée à la coordination. Ce métier n’existait pas il y a dix ans. Il n’a toujours pas de fiche métier officielle.
(estimation FCPTS, fin 2025)
(temps plein)
(Indeed, mai 2026)
Résultat : quand une CPTS recrute, chaque poste ressemble à tous les autres dans les grandes lignes (animer, faire vivre les missions ACI, faire le lien avec l’ARS et la CPAM) et à aucun dans le détail. Les fiches de poste qui circulent ressemblent à un mélange entre un chef de projet, un community manager territorial et un assistant de direction. Et le quotidien dépend tellement du président, du bureau, et de la maturité de la CPTS qu’il est difficile de donner une description universelle.
Cette synthèse s’appuie sur les sources publiques chiffrables : fiches de poste publiées par la FCPTS, offres en cours sur Indeed (environ 25 actives à fin avril 2026), texte de l’ACI national et portails régionaux PAPS. C’est un cadre de référence à compléter par les spécificités de chaque CPTS et de son bureau.
Qu’est-ce qu’un coordinateur CPTS ?
Un coordinateur de CPTS est une personne salariée par l’association porteuse de la CPTS (depuis 2021, le statut associatif loi 1901 est obligatoire pour signer l’ACI). Son rôle n’est pas de soigner ni de prescrire. Il ou elle anime, structure, fait avancer le projet de santé que les professionnels de santé du territoire ont défini, et rend des comptes à l’Assurance Maladie sur les indicateurs de l’ACI.
Concrètement, le coordinateur est la seule personne pour qui la CPTS est un travail à temps plein (ou à temps partiel salarié). Tous les autres acteurs (médecins, infirmiers, pharmaciens, kinés, présidents·e, membres du bureau) ont d’abord un cabinet, des patients et un emploi du temps déjà saturé. La CPTS, pour eux, vient en plus.
Cette asymétrie change tout. Le coordinateur n’est pas un exécutant qui suit des consignes claires : il est souvent celui ou celle qui propose, structure, relance, et qui doit transformer en plan d’action des décisions prises en réunion entre deux consultations.
Les fiches de poste utilisent le mot « animation ». Le mot juste serait souvent « moteur ».
Les missions concrètes au quotidien
L’ACI cadre ce que la CPTS doit produire : quatre missions socles obligatoires (accès aux soins, parcours pluriprofessionnels, prévention, situation sanitaire exceptionnelle). Mais l’ACI ne dit pas comment, et surtout pas qui fait quoi. Dans la pratique, le coordinateur prend en charge six familles de tâches :
Cette dernière partie (le support opérationnel) est celle qui dérape le plus. Beaucoup de coordinateurs deviennent de fait un “secrétariat de la CPTS” pour les missions qu’aucun professionnel n’a le temps de faire. Quand les outils suivent, c’est tenable. Sans outils, c’est l’épuisement à 6-12 mois.
Voir le détail des missions du coordinateur
Le profil et les compétences attendues
La lecture transversale d’une dizaine de fiches de poste fait apparaître deux profils dominants.
Les bureaux ont tendance à préférer le premier profil sur le papier, parce qu’il rassure sur la connaissance institutionnelle, et à finir par recruter le second dans les faits, faute de candidats expérimentés en santé publique acceptant un CDI à 35-40 k€ dans une association. Aucun des deux n’est meilleur en absolu. Le premier rassure pendant la phase de structuration administrative. Le second est souvent plus efficace pour mobiliser les professionnels sur le terrain.
Les compétences qui reviennent dans toutes les fiches :
- Conduite de projet et gestion de planning multi-acteurs
- Maîtrise des outils bureautiques et collaboratifs (au minimum tableur, traitement de texte, visioconférence ; idéalement un outil de gestion de projet)
- Capacité à rédiger (comptes rendus, projet de santé, dossiers ACI, supports de com)
- Compréhension de l’organisation du système de santé français
- Sens du dialogue avec des publics très hétérogènes (médecins libéraux, élus, ARS, hôpital)
Une compétence qui n’est presque jamais demandée explicitement mais qui fait la différence : la capacité à prioriser sans qu’on vous le dise. Le coordinateur reçoit en permanence des demandes contradictoires. La fiche de poste ne dit pas comment trancher. Personne ne le dit.
Combien gagne un coordinateur CPTS ?
Fourchettes observées sur les offres en cours et les fiches de poste publiques (mai 2026) :
profil junior à intermédiaire
expérimenté ou statut cadre
(petites CPTS au démarrage)
La grande variation tient surtout à deux facteurs : la taille du territoire couvert (donc la dotation ACI disponible pour rémunérer la coordination) et l’expérience du candidat. Un coordinateur juste sur ses débuts à 28 k€ peut, en deux ans, monter à 38-42 k€ sans changer d’employeur, simplement parce que la CPTS grossit.
Détail du benchmark salarial 2026
Coordinateur, animateur, directeur : quelles différences ?
Trois titres circulent dans l’écosystème CPTS et leur usage flotte. Voici comment ils se distinguent dans la pratique, par ordre croissant de périmètre.
Anime les réunions, fait le lien, coordonne les groupes de travail. Périmètre opérationnel resserré.
Tout l'animateur, plus l'administratif, l'ACI, les indicateurs et les projets. Cœur de la fonction.
Tout le coordinateur, plus le management d'équipe, la stratégie et la représentation politique.
Dans une petite CPTS, la même personne assume souvent les trois rôles. Dans une CPTS de 100 000 habitants couverts et cinq salariés, ce sont trois fonctions distinctes. Au moment de répondre à une offre, la lecture utile concerne moins le titre que la taille de l’équipe et le périmètre attendu : ce sont ces deux éléments qui décrivent réellement le poste.
Les outils du coordinateur
Aucune CPTS n’utilise un outil unique. La pile typique se compose ainsi :
- Un outil de visio (Zoom, Teams, Whereby) pour les réunions
- Un drive partagé (Google Drive, Nextcloud, parfois SharePoint) pour les documents
- Une boîte mail dédiée à la CPTS
- Un tableur pour suivre adhérents, indicateurs, finances
- Selon les cas : un outil de gestion de projet (Trello, Notion, Asana), un outil de mailing (Brevo, Mailchimp), un site web (souvent WordPress)
Sur les missions opérationnelles, en revanche, l’outillage est plus rare et c’est là que beaucoup de coordinateurs sentent le besoin d’un outil dédié : la gestion de l’annuaire interne des pros membres (qui change tout le temps), l’orientation des patients sans médecin traitant qui appellent la CPTS, le reporting ACI propre.
En toute transparence d’éditeur : un coordinateur passe encore trop souvent de longues heures hebdomadaires à maintenir manuellement un annuaire des pros sur Excel et à orienter les patients par téléphone sans support outillé. Ces deux missions sont précisément celles que Coordo automatise. L’enjeu, quel que soit l’outil retenu, reste le même : éviter que le coordinateur se retrouve à assurer du secrétariat à temps plein faute d’outil pour porter la mission.
Les difficultés du métier rarement abordées en entretien
Trois pièges récurrents dans les retours de coordinateurs en poste depuis plusieurs années.
Aucun de ces points n’est une raison de ne pas prendre le poste. Ce sont des conditions de travail à anticiper, à négocier en amont (cadre clair, supervision externe possible, outils en place), et à surveiller dans les six premiers mois.
Pour aller plus loin
Ce guide est volontairement panoramique. Chaque section ouvre sur un article plus détaillé :
- Les missions du coordinateur CPTS, en pratique — répartition réelle des tâches sur une semaine type
- Salaire coordinateur CPTS : benchmark 2026 — analyse de 25 offres en cours, par région et par expérience
Pour les CPTS souhaitant gagner du temps sur l’annuaire interne et l’orientation des patients sans médecin traitant, Coordo est conçu spécifiquement pour ces deux missions.