Le marché des logiciels dédiés aux CPTS s’est structuré entre 2020 et 2024. Avant cette période, les CPTS s’appuyaient sur des outils génériques (Excel, Trello, Outlook). À partir de 2021, plusieurs acteurs spécialisés ont émergé, complétés par des éditeurs déjà présents en cabinet médical (Doctolib, Cegedim) qui ont publié des modules dédiés CPTS.
À ce jour, le marché français compte une demi-douzaine de solutions sérieuses, complétées par des outils régionaux fournis par les GRADeS. Aucune ne couvre l’intégralité des besoins d’une CPTS. La bonne question n’est donc pas “quel outil acheter” mais “quelles missions automatiser en priorité”.
Avertissement éditorial : Coordo est l’un des acteurs du marché, donc juge et partie sur ce panorama. Le guide qui suit reste factuel et explicite ses limites quand elles existent.
Pourquoi un outil de coordination ?
Avant de choisir, il faut être au clair sur ce qu’on cherche à résoudre. Quatre besoins reviennent dans les CPTS qui s’équipent.
Le premier besoin est la réduction du temps de coordination sur les tâches répétitives. Maintenir un annuaire des professionnels, traiter les appels patients, relancer les pros pour la mise à jour des indicateurs : à la main, ce sont plusieurs heures hebdomadaires de coordinateur. Avec un outil adapté, ce sont quelques minutes.
Le deuxième besoin est la professionnalisation du reporting ACI. Sans outil, la CPTS mesure ses chiffres de manière approximative. Avec un outil bien intégré, les indicateurs remontent automatiquement et la revue annuelle de gestion devient un exercice de relecture plutôt que de reconstruction.
Le troisième besoin est la mobilisation des professionnels au-delà du noyau de bénévoles. Un outil bien conçu crée des occasions d’engagement (notifications, validation de fiche, partage de protocole) qui maintiennent les pros connectés à la dynamique de la CPTS.
Le quatrième besoin, plus politique, concerne l’image structurée de la CPTS auprès des partenaires (ARS, CPAM, hôpital). Une CPTS qui présente une plateforme cohérente bénéficie d’une meilleure perception qu’une CPTS qui présente un dossier Word.
Les 4 catégories d’outils
Les solutions du marché se classent en quatre familles, qui répondent à des besoins différents.
Plexus Santé, Interstis. Partage de documents, communication interne entre pros. Adapté aux CPTS jeunes qui structurent leurs échanges.
Doctolib CPTS, Maiia (Cegedim). S'appuient sur une base utilisateurs existante chez les médecins.
Citana (groupe Anamnèse), CPTS-France. Coordination CPTS avec couverture large : annuaire, orientation, protocoles.
Coordo : annuaire interne et orientation patient. Stratégie inverse : deux choses très bien plutôt que tout couvrir.
Comparatif détaillé des 7 acteurs du marché
Les critères d’évaluation qui comptent
Les critères annoncés par les éditeurs se ressemblent tous : “complet, RGPD, hébergé en France, facile à utiliser”. Voici les critères qui font vraiment la différence à l’usage.
Le périmètre fonctionnel réel
Pas la liste des fonctions sur la plaquette, mais ce qui fonctionne en conditions réelles. La bonne approche est de demander une démo configurée pour le territoire de la CPTS (avec ses professionnels, sa population). L’incapacité de l’éditeur à présenter le produit avec des données représentatives constitue un signal.
Le taux d’adoption attendu chez les professionnels
Un outil qui requiert une adoption à 70 % des pros membres pour fonctionner est presque toujours sous-utilisé. Un outil qui produit de la valeur même quand seul le coordinateur l’utilise au démarrage est plus robuste. La question à poser à l’éditeur est précise : quelle est la valeur produite si seul le coordinateur se connecte les six premiers mois ?
Le RGPD et l’hébergement
Pour les outils qui touchent à des données identifiantes de patients (orientation patient, par exemple), exiger un hébergement en France et un sous-traitant certifié HDS si des données de santé transitent. Plusieurs CPTS ont dû changer d’outil après six mois suite à une alerte de leur DPO.
L’export et la portabilité
Un outil qui ne permet pas d’exporter ses données en CSV ou Excel à tout moment maintient la CPTS en captivité. Ce point est rédhibitoire, même si l’outil est solide par ailleurs. Le faire inscrire dans le contrat.
Le coût total sur 3 ans
Le prix annoncé est rarement le prix final. Demander explicitement : frais de mise en service, frais de paramétrage, frais de migration des données existantes, frais de formation, coût d’utilisateurs supplémentaires. Calculer sur 3 ans pour comparer.
Le support et la roadmap
Quels sont les délais de réponse à un ticket support ? Quelle est la fréquence des mises à jour ? L’éditeur est-il en croissance ou en baisse d’activité ? Pour un outil utilisé pendant trois à cinq ans, la santé de l’éditeur entre dans l’évaluation.
RGPD, hébergement, conformité
Les CPTS manipulent des données qui peuvent être sensibles. Le cadre réglementaire en 2026 :
- Hébergement en France ou dans l’UE : exigible pour tous les outils utilisés, devenu standard du secteur.
- Certification HDS (hébergeur de données de santé) : obligatoire dès qu’un outil traite des données de santé au sens du RGPD. La plupart des outils de coordination CPTS s’organisent pour ne pas traiter de données de santé (en se limitant aux coordonnées et au planning, sans enregistrer le motif médical de l’orientation), ce qui les dispense de l’obligation HDS. Point à vérifier explicitement.
- Données de santé vs données administratives : la distinction est déterminante. Le nom et l’adresse d’un patient orienté ne sont pas des données de santé. Le motif médical de l’orientation l’est. Un outil qui propose la saisie du motif médical doit être certifié HDS.
Une CPTS qui s’équipe doit avoir une analyse d’impact (PIA) ou au minimum un registre des traitements à jour, validé par son DPO. La plupart des éditeurs fournissent un modèle.
Le ROI typique d’un outil de coordination
Le chiffrage précis est difficile, mais les ordres de grandeur suivants ressortent des témoignages publics et des retours d’éditeurs.
sur la mission 1
récupéré annuellement
avec un outil de reporting
Sur la mission 1 (accès aux soins), un outil dédié à l’annuaire et à l’orientation patient économise typiquement 30 à 60 minutes par jour de coordinateur. À un taux horaire chargé de 25 à 35 €, un outil facturé entre 600 et 1 800 € par an est largement amorti.
Sur la mission 2 (parcours), un outil de protocoles formalisés permet de produire et maintenir 2 à 3 fois plus de protocoles à charge constante. Le ROI ne se mesure pas en euros mais en quantité de pros mobilisés et de patients pris en charge.
Sur le reporting ACI, un outil bien intégré fait gagner deux à trois jours par revue annuelle. La qualité de reporting est nettement supérieure, ce qui se traduit potentiellement par une rémunération à la performance plus élevée.
Comment piloter ses indicateurs ACI avec un outil
Comment piloter le choix dans un bureau de professionnels
Le choix d’un outil dans une CPTS est rarement une décision purement technique. Le bureau peut être partagé entre les professionnels favorables à l’outillage et ceux qui considèrent que la CPTS fonctionne sans. Quatre règles ressortent des CPTS qui ont mené ces décisions sans crispation.
D’abord, faire le diagnostic avant la démo. Lister les missions ACI où la CPTS est en retard d’indicateurs ou en surcharge de coordination. Examiner les outils ensuite, et non l’inverse. Acheter un outil avant le diagnostic conduit à acquérir une solution qui résout un problème inexistant.
Ensuite, limiter à 3 démos. Au-delà, le bureau s’épuise et la décision se prend par lassitude. Présélectionner sur dossier puis tester 3 outils maximum.
Tester en conditions réelles. Une démo de 30 minutes apporte peu d’information. Demander une période d’essai de 2 à 4 semaines avec des données représentatives. Plusieurs éditeurs proposent ce format gratuitement.
Décider en bureau formel, jamais en réunion informelle ou par mail. Une décision actée en bureau, avec un budget validé, engage l’association et évite les remises en cause à 6 mois.
Pour aller plus loin
- Comparatif détaillé des logiciels CPTS — 8 acteurs analysés en détail
- Fluidifier l’orientation des patients sans médecin traitant — la mission qui consomme le plus de temps de coordination
- Piloter les indicateurs ACI avec un outil — gagner du temps sur la revue annuelle de gestion
Pour les CPTS qui cherchent un outil simple, déployé rapidement, sur le périmètre étroit annuaire interne et orientation patient, Coordo propose une démo de 20 minutes.