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Financer l'annuaire d'une CPTS avec le contrat ACI

Publié le 28 juillet 2026 · Lecture : 6 min

L’abonnement à un outil d’annuaire se finance sans difficulté particulière dans le cadre de l’ACI. Les CPTS qui rencontrent des frictions ne butent presque jamais sur l’éligibilité elle-même, mais sur la manière dont la dépense a été inscrite et présentée.

Cet article précise la ligne à utiliser, ce qu’il faut réunir, et comment la dépense se défend devant la CPAM.

La ligne à utiliser

L’article 4.2.1 du contrat type ACI inclut les outils numériques de coordination dans les dépenses couvertes par la dotation de structuration. Un logiciel d’annuaire y entre au même titre qu’une plateforme collaborative ou qu’un outil de gestion des protocoles.

Deux distinctions à garder claires :

Dotation de structuration, pas rémunération à la performance. La première couvre le fonctionnement, dont les outils. La seconde récompense l’atteinte d’indicateurs et varie d’une année sur l’autre. Adosser un abonnement récurrent à une ressource variable expose la CPTS à devoir arbitrer une année creuse.

Outil numérique, pas frais de fonctionnement. L’abonnement relève de la ligne outils numériques ; l’impression de la version papier de l’annuaire relève des frais généraux. Les deux sont finançables, mais les mélanger rend le budget illisible et attire des questions inutiles en revue.

Ce qu’il faut inscrire au budget

L’erreur la plus fréquente consiste à noyer la dépense dans un poste fourre-tout de type « informatique » ou « divers ». Elle devient alors impossible à justifier ligne à ligne, et c’est ce flou qui déclenche les demandes de précision.

Une ligne dédiée, votée en bureau, avec un montant annuel : c’est le format qui passe. Y faire figurer le coût complet sur douze mois, abonnement et frais annexes compris, plutôt que le seul tarif mensuel affiché par l’éditeur.

Les postes à ne pas oublier dans le chiffrage :

  • l’abonnement annuel proprement dit,
  • les frais de mise en service et de reprise des données existantes, s’il y en a,
  • la formation du coordinateur et éventuellement du bureau,
  • le coût des utilisateurs supplémentaires si l’éditeur facture au siège.

Un devis qui détaille ces quatre postes vaut mieux qu’un prix unique. Il sert à la fois au vote en bureau et au dossier de revue.

Le rattachement à une mission socle

C’est le point qui fait la différence en revue annuelle de gestion. Un annuaire n’est pas une fin en soi pour la CPAM, et le présenter comme un besoin d’outillage interne l’expose à être vu comme une dépense de confort.

Deux rattachements naturels :

L’accès aux soins. L’orientation des patients sans médecin traitant suppose de savoir qui exerce, où, et qui accepte de nouvelles patientèles. Un annuaire faux dégrade directement les indicateurs de cette mission — patients orientés, inscriptions effectives, délai moyen. Le lien de causalité est simple à exposer.

Les parcours pluriprofessionnels. Monter un protocole suppose d’identifier les professionnels concernés et de pouvoir les joindre. Une base fiable est la condition matérielle de la mission, pas son accessoire.

Formulé ainsi, l’annuaire cesse d’être une dépense d’infrastructure pour devenir un moyen au service d’un indicateur suivi. C’est la formulation qui tient devant un interlocuteur qui raisonne en missions.

Les chiffres qui aident

La revue annuelle de gestion se passe mieux avec deux ou trois données d’usage. Elles n’ont pas besoin d’être sophistiquées.

  • Le nombre de professionnels référencés et la part dont la fiche a été validée dans l’année. C’est la mesure la plus directe de ce que l’outil produit.
  • Le temps de coordination économisé, même en ordre de grandeur. Les CPTS qui tenaient leur annuaire à la main déclaraient couramment une demi-journée à deux jours par mois ; la comparaison avant-après parle d’elle-même.
  • Le taux de réponse aux campagnes de validation, qui montre que le dispositif vit et que les professionnels s’y prêtent.

Ces chiffres se relèvent en dix minutes s’ils sortent de l’outil. S’il faut les reconstituer à la main chaque année, c’est le signe que l’outil ne rend pas tout le service attendu.

Ce que la CPAM regarde

Les points qui reviennent dans les échanges de revue :

La cohérence entre la dépense et l’activité déclarée. Un abonnement à un outil d’annuaire dans une CPTS qui ne déclare aucune activité d’orientation attire l’attention. À l’inverse, une activité d’orientation soutenue sans outil dédié pose la question de la soutenabilité.

La réalité de l’usage. Un outil payé et non déployé est la situation la plus délicate à expliquer. Mieux vaut décaler l’acquisition d’un exercice que de porter une ligne inactive.

La conformité. L’hébergement en France ou dans l’UE est attendu. Si l’outil ne traite pas de données de santé — ce qui est le cas d’un annuaire professionnel — le préciser évite la question de la certification HDS. Une confirmation écrite de l’éditeur suffit.

Les deux erreurs qui coûtent

Acheter avant de décider en bureau. Une acquisition engagée par le coordinateur seul, même de bonne foi et pour un montant modeste, fragilise la CPTS si elle est contestée en interne. Le passage en bureau formel prend un point d’ordre du jour et sécurise la dépense pour la durée du contrat.

Ne pas prévoir la sortie. Un outil dont on ne peut pas exporter les données à tout moment transforme un abonnement annuel en engagement de fait. Faire inscrire l’export en CSV ou Excel, sans frais et sans intervention de l’éditeur, dans le contrat. Ce point ne coûte rien à demander avant signature et devient impossible à obtenir après.

Pour aller plus loin

L’annuaire CPTS de Coordo est facturé 149 € HT par mois, sans engagement, avec résiliation à tout moment et export complet de la base — un format qui tient dans une ligne budgétaire ACI sans négociation.

Questions fréquentes

Les questions le plus souvent posées sur ce sujet.

L'annuaire d'une CPTS est-il finançable par l'ACI ?
Oui. Un logiciel d'annuaire entre dans la ligne acquisition et maintenance des outils numériques prévue à l'article 4.2.1 du contrat type ACI, au titre de la dotation de structuration. Cette éligibilité est rarement contestée dès lors que la dépense figure au budget voté et que l'usage est documenté.
Sur quelle dotation imputer l'abonnement ?
Sur la dotation de structuration, qui couvre le fonctionnement et les outils numériques de coordination. La rémunération à la performance dépend de l'atteinte d'indicateurs et n'a pas vocation à financer un abonnement récurrent.
L'impression de la version papier est-elle éligible ?
Elle relève des frais de fonctionnement de la structure, pas de la ligne outils numériques. Les deux dépenses sont finançables mais elles ne s'imputent pas au même endroit, et les confondre complique la lecture du budget en revue annuelle de gestion.
Que demander à l'éditeur pour constituer le dossier ?
Un devis annuel détaillant l'abonnement, les frais de mise en service et la formation ; une mention explicite de l'hébergement en France ou dans l'UE ; et la confirmation écrite que l'outil ne traite pas de données de santé si c'est le cas, ce qui écarte la question de la certification HDS.
Comment défendre la dépense en revue annuelle de gestion ?
En la rattachant à une mission socle plutôt qu'à un besoin d'outillage. Un annuaire sert l'accès aux soins et les parcours pluriprofessionnels : c'est sous cet angle qu'il se justifie, chiffres d'usage à l'appui.

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